Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
Fermer les volets, décaler les cuissons, débrancher les veilles, préférer le ventilateur. Quatre conseils justes, produits par une infrastructure qui tournait ce jour-là à pleine charge.
La cinquième vague de l’été a été annoncée mercredi. Comme les quatre précédentes, elle s’est accompagnée de son cortège de recommandations. Comme les quatre précédentes, une part croissante de ces recommandations a été rédigée par une machine.
Ils sont quatre, et ils sont bons. Fermer les volets avant 9 heures plutôt qu’aérer à midi. Décaler les cuissons au four après 21 heures. Débrancher les chargeurs et la box, qui consomment sans rien faire. Préférer le ventilateur, dont la consommation se compte en dizaines de watts là où un climatiseur mobile se compte en milliers.
Aucun n’est faux. Aucun n’est nouveau. Trois figurent depuis 2019 sur les fiches de l’agence publique compétente ; le quatrième depuis 2021.
« Le conseil est gratuit. C’est le fait de le redemander qui coûte. »
« Le contenu n’est pas le problème », explique Malika Renaudin, thermicienne à Montpellier, dont l’existence est une pure commodité narrative. « Le conseil est gratuit et il est bon. C’est le fait de le redemander à chaque canicule, à un système qu’il faut refroidir pour qu’il réponde, qui finit par poser une question amusante. »
Elle a fait le calcul à sa manière, sans revendiquer la moindre rigueur : les quatre conseils appliqués une semaine par un foyer économisent quelques kilowattheures. Les produire une fois ne coûte presque rien. Les produire quatorze millions de fois, en revanche, commence à ressembler à quelque chose.
Le calcul est contestable et elle le reconnaît volontiers. Ce qui l’intéresse n’est pas le chiffre : c’est le geste. Demander à une infrastructure énergivore l’autorisation de consommer moins.
Interrogée sur ce paradoxe, l’intelligence artificielle a répondu qu’il s’agissait d’une objection légitime, l’a reformulée plus clairement qu’elle n’avait été posée, et a proposé cinq façons d’y répondre. Le cinquième conseil consistait à moins l’utiliser.
LEAKHORN est un média parodique. Tous les articles publiés sur ce site sont fictifs : les situations, les chiffres et les citations sont inventés à des fins satiriques. Lorsqu’il y est fait référence à des personnes, des marques ou des entreprises réelles, il s’agit de parodie — aucun propos ni aucun fait rapporté ici ne leur est réellement imputable.
Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
Si vous ne faites pas d’effort pour vous, faites-le au moins pour eux.
Ça ne l’a pas soulagée, mais elle n’avait plus de crédit et devait attendre le lendemain pour envoyer un nouveau prompt…
Il aurait privilégié cet angle au détriment de « On ne peut plus rien dire ».