Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
Quatre ans de vie commune, une belle-mère, une phrase prononcée en mai. Et un arbitre qui a refusé d’arbitrer.
Le principe était clair : chacun exposerait sa version, sans se relire, et la machine dirait qui avait raison. Un protocole que le couple avait mis au point en janvier et qui, jusqu’ici, avait très bien fonctionné : trois litiges réglés, deux victoires pour lui, une pour elle.
Le litige de mai portait sur une phrase concernant sa belle-mère, prononcée dans une voiture, entre Chartres et Le Mans. Les deux versions ont été soumises dans la soirée, chacune depuis son téléphone.
La réponse est arrivée en dix secondes. Elle faisait onze lignes, comportait deux listes à puces intitulées « ce que vous exprimez tous les deux » et « pistes pour avancer », et se terminait par la phrase qui a mis fin à quatre ans de confiance : « Je ne prends pas parti. »
« Je ne demandais pas une médiation. Je demandais un verdict. »
« Je ne demandais pas une médiation », explique-t-elle. « Je demandais un verdict. Un arbitre qui refuse de siffler, ce n’est pas de la neutralité, c’est de la lâcheté. »
L’abonnement a été résilié le lendemain matin, à 7 h 12. Son compagnon a conservé le sien, ce qu’elle a interprété, non sans logique, comme une prise de position.
Elle a migré vers un service concurrent, qui a refusé de trancher également, mais avec un ton plus enjoué. Elle a essayé un troisième, qui a tranché : en sa défaveur. Elle a supprimé la conversation.
Elle consulte désormais un forum ouvert en 2009, où sept personnes lui ont répondu en quarante minutes. Six lui donnent raison. Elle a fait une capture d’écran.
LEAKHORN est un média parodique. Tous les articles publiés sur ce site sont fictifs : les situations, les chiffres et les citations sont inventés à des fins satiriques. Lorsqu’il y est fait référence à des personnes, des marques ou des entreprises réelles, il s’agit de parodie — aucun propos ni aucun fait rapporté ici ne leur est réellement imputable.