Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
Recruté en janvier pour automatiser les process, il a été confondu en juillet : il réfléchissait.
Tout allait bien chez Novaxial, 140 salariés à Villeurbanne, jusqu’à l’audit de juillet. Le prestataire chargé de mesurer le « taux d’intégration IA » de l’entreprise a relevé une anomalie dans les livrables du responsable de la transformation, embauché six mois plus tôt à 68 000 € annuels : ses présentations ne comportaient aucun marqueur automatique.
Pas de tiret cadratin. Pas d’énumération à trois termes. Pas de conclusion commençant par « En définitive ». Le rapport parle d’un « profil statistiquement suspect ».
L’enquête interne a confirmé le pire. Le salarié rédigeait certains mails clients lui-même. Il relisait. À deux reprises, il avait attendu avant de répondre, comportement que le compte rendu qualifie de « temps de latence non justifié par une charge machine ».
« On ne reproche pas la qualité du travail. On reproche la méthode. »
« On ne reproche pas la qualité du travail », précise la directrice des ressources humaines, que nous avons inventée pour les besoins de cet article. « On reproche la méthode. Quand on recrute un expert IA, on attend une exemplarité. Or son agenda Google n’était pas automatisé. »
Le point qui a fait basculer le dossier vers la faute grave : lors d’un séminaire, l’intéressé avait répondu à une question de vive voix, sans reformuler la question au préalable.
Il a depuis lancé son activité de conseil. Il forme des dirigeants à l’« hygiène de prompt » et facture 1 400 € la journée. Sa lettre de contestation devant le conseil de prud’hommes a été rejetée en première lecture par le service juridique de son ancien employeur, au motif qu’elle était « manifestement rédigée par une intelligence artificielle ».
Il l’avait écrite lui-même.
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