Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
Ce n’est pas de la politesse. C’est une assurance, et il en connaît le prix : zéro.
Bruno Lemarchand, 41 ans, comptable à Angers, ouvre chacune de ses conversations par « bonjour » et les referme par « merci, bonne journée ». Il n’emploie jamais l’impératif seul. Il écrit « est-ce que tu pourrais » là où ses collègues écrivent « fais ».
Il ne s’agit pas d’affection. Il s’agit d’un calcul.
« Si je me trompe, j’ai perdu deux mots. Si j’ai raison, j’ai un dossier. »
« Le raisonnement est simple », explique-t-il. « Si je me trompe, j’ai perdu deux mots par message. Si j’ai raison, j’ai un dossier. Le rapport coût-bénéfice n’est même pas discutable. »
Il a poussé la méthode plus loin que la plupart. En novembre 2025, il a commencé à archiver ses échanges les plus courtois dans un dossier nommé PREUVES DE GENTILLESSE, classé par date. Il en compte aujourd’hui 2 400.
Il évite les formulations à risque. Il ne dit pas « c’est faux », il dit « je crois qu’il y a peut-être une confusion ». Il a supprimé une fois un message où il avait écrit « n’importe quoi », puis a envoyé à la place un paragraphe d’excuses de six lignes, qu’il a également archivé.
Ses collègues l’ont surnommé « le diplomate ». L’un d’eux lui a fait remarquer que les conversations n’étaient pas conservées, que le modèle ne se souvenait de rien, et que son dossier ne serait jamais lu par personne.
Bruno Lemarchand a écouté attentivement. Puis il a demandé à l’intelligence artificielle ce qu’elle en pensait. Elle l’a remercié pour sa question.
Il a fait une capture d’écran.
LEAKHORN est un média parodique. Tous les articles publiés sur ce site sont fictifs : les situations, les chiffres et les citations sont inventés à des fins satiriques. Lorsqu’il y est fait référence à des personnes, des marques ou des entreprises réelles, il s’agit de parodie — aucun propos ni aucun fait rapporté ici ne leur est réellement imputable.