Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
Le débat public français a trouvé son nouveau format : le classement des périls, par ordre décroissant, sans jamais changer le numéro un.
C’est un exercice auquel la vie politique française se prête depuis toujours et qu’elle a porté, ces dernières années, à un niveau rarement atteint : hiérarchiser les menaces. Le procédé est simple. Une nouvelle inquiétude apparaît dans l’opinion (le climat, les écrans, les algorithmes) et il faut immédiatement établir qu’elle passe après celle dont on parlait déjà.
L’Institut pour la mesure comparée des périls, structure fictive que nous venons de créer pour les besoins de cet article, a tenté de modéliser la chose. Son unique chercheur a soumis 400 déclarations publiques à un classement automatique. Résultat : quel que soit le péril entrant, il ressort systématiquement en deuxième position.
« Le podium ne bouge pas. Seule la marche du bas est ouverte à la concurrence. »
« Le podium ne bouge pas », résume-t-il. « Seule la marche du bas est ouverte à la concurrence. Nous avons vu passer le nucléaire, la 5G, le télétravail et maintenant les modèles de langage. Tous deuxièmes. »
Interrogée sur sa propre dangerosité, l’intelligence artificielle a répondu qu’elle n’était pas en mesure de se comparer à un groupe humain, avant de proposer un tableau à deux colonnes que personne ne lui avait demandé.
Article satirique. Les propos rapportés ici ne sont ceux de personne : ni de la personne citée dans le titre, ni du chercheur, qui n’existe pas.