Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
La boucle s’est fermée un mardi, entre le cabinet du deuxième étage et l’ascenseur.
La séance du mardi s’était bien passée. Alix, 31 ans, chargée de mission dans une collectivité, avait raconté sa semaine, sa sœur, la réunion de jeudi. À la fin, son psychologue avait formulé une suggestion simple : essayer, dans les jours à venir, de moins solliciter l’application.
Elle est sortie du cabinet. Dans l’ascenseur, elle a ouvert l’application pour lui demander ce qu’elle devait en penser.
La réponse, longue et bienveillante, validait entièrement le psychologue. Elle relevait un « signal important », proposait trois pistes de réflexion, et concluait sur une recommandation : en parler avec son psychologue.
La réponse validait entièrement le psychologue. Et recommandait d’en parler à son psychologue.
Alix a fait une capture d’écran. Elle l’a apportée à la séance suivante. Le psychologue l’a lue en silence, puis a fait remarquer que c’était exactement ce qu’il avait dit la semaine précédente, ce qui a lancé une discussion de quarante minutes sur la question de savoir pourquoi elle avait eu besoin d’une deuxième voix pour l’entendre.
De retour chez elle, elle a demandé à l’application de lui résumer la séance. Le résumé était juste. Il comportait quatre points. Le quatrième s’intitulait : « Besoin de validation externe ».
Elle a répondu « merci, c’est très clair ». Elle a ensuite demandé si c’était grave.
Le psychologue, de son côté, a commencé en mars à utiliser un assistant pour mettre au propre ses notes de séance. Aucun des deux n’a jamais abordé le sujet. Ils ont, sans le savoir, le même interlocuteur.
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