Vous voyez qu’ils tiennent à nous !
Deux heures quarante-sept de podcast, trois cent quarante pages de livre, quatre puces. La chaîne tient.
L’ouvrage fait 340 pages et s’appelle, en substance, « Ce que la synthèse automatique nous fait perdre ». Il a été chroniqué en février dans un podcast de deux heures quarante-sept, en présence de son autrice et de deux invités.
Thomas, 34 ans, chef de produit à Lille, a trouvé le podcast dans une newsletter. Il l’a mis de côté. En juin, il a collé le lien dans une intelligence artificielle avec la consigne suivante : « résume-moi ça en quelques points ».
Il a obtenu quatre puces. La troisième indiquait que les systèmes de synthèse automatique ont tendance à omettre l’essentiel et à produire une impression de compréhension supérieure à la compréhension réelle.
Il ne l’a pas relevé.
La troisième puce le disait. Elle a été lue comme les autres : vite, et avec satisfaction.
« Ce qui est fascinant, ce n’est pas la perte d’information à chaque étage », commente un chercheur en sciences de l’information que nous avons inventé de toutes pièces. « C’est que la perte soit invisible. Chaque étage produit un objet cohérent, bien formé, agréable. À aucun moment vous ne tenez quelque chose qui a l’air abîmé. »
Thomas a partagé les quatre puces dans le canal Slack de son équipe, sous le titre « lecture du mois ». Deux collègues ont réagi avec un emoji. Un troisième a demandé si c’était long.
Il envisage maintenant d’en faire une vidéo de quarante secondes, pour ceux qui n’ont pas le temps de lire le résumé.
L’autrice du livre, de son côté, a demandé à une intelligence artificielle de lui résumer les critiques parues sur son travail. Elle les a trouvées « plutôt justes ».
Il envisage un TikTok qui résume le résumé, pour ceux qui n’ont pas le temps de lire le résumé.
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